Lectures d'été

Publié le

Je me l'étais promis... prendre le temps de faire un espace sur ce blog concernant les livres. Mais pour cela, il faut du temps.
Alors cet été je me suis pris par la main et me suis efforcé de faire de brefs résumés des livres que j'ai lus ou relus. Ces livres sont de toute nature : romans, biographies, essais, ouvrages scientifiques mais à chaque fois, ils prêtent à réflexion et vous pouvez les réutiliser pour votre cours de SES.
Ces résumés figurent en commentaires sur ce billet et bien entendu, si vous êtes lycéen, étudiant, enseignant ou autre, vous pouvez vous aussi laisser votre commentaire sur un ouvrage intéressant pour les élèves. Seule condition : que le livre soit en rapport avec la vie économique, sociale et politique et que votre résumé ne se contente pas de dire "c'est bien" mais incite les lecteurs de ce blog à lire l'ouvrage que vous leur conseillez.
Alors à vos plumes !
Publicité

Publié dans chgobbe

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
C
L’élitisme républicain, Christian Baudelot et Roger EstabletSi vous avez envie de rire, pas la peine de lire ça. Spécialistes de l’école, ça fait plus de 40 ans que ces deux sociologues travaillent ensemble. Et là, ils décident de passer au crible les enquêtes PISA – programme international pour le suivi des acquis des élèves –, enquêtes largement controversées dont on ne retient souvent dans la presse que le palmarès des pays (et la France, parmi les pays développés, figure plutôt en queue de peloton). Ces enquêtes auraient tendance à développer une culture ultralibérale de l’évaluation des performances de l’école.Or, Baudelot et Establet, plutôt ancrés à gauche, font ici le pari qu’en épluchant ces résultats PISA qui, selon eux, s’appuient sur une méthodologie des plus rigoureuses, ils trouveront de l’eau pour leur moulin. Ces enquêtes sont fondées sur deux idées phares – l’efficacité de l’école à transmettre des savoirs et son équité sociale – principes qui ne sont pas nécessairement antagonistes, bien au contraire, dans la mesure où les systèmes éducatifs les plus performants sont aussi les moins discriminants socialement.Mieux. Les résultats de l’enquête tendent à confirmer les résultats des travaux menés par les auteurs (et d’autres) depuis tant d’années : le poids des déterminismes sociaux et du capital culturel, la nécessité d’allonger le tronc commun, l’inefficacité et l’iniquité du redoublement, la nécessité de faire des écoles mixtes tant du point de vue social qu’ethnique, que les immigrés ne font pas baisser le niveau et que si les filles sont globalement meilleures, l’école reste encore fondée sur une sous-culture masculine propice au déclassement social et l’auto-élimination des demoiselles des filières les plus prestigieuses.A la lumière de PISA, Baudelot et Establet proposent des pistes de réformes : moins de redoublement, plus de tronc commun et de mixité sociale. Mais cela n’est pas possible sans une évolution de trois acteurs : l’Etat qui a trop souvent le nez cloué sur la boussole comptable, les familles qui ont tendance à instrumentaliser l’école pour la réussite de leurs chérubins et les enseignants qui ont tendance à voir d’un mauvais œil toute tentative d’évaluation visant à améliorer l’efficacité globale du système.Le livre reste très abordable et si on exclut les passages méthodologiques un peu barbants mais incontournables dans ce genre d’ouvrage, on mesure combien notre école – qu’on a tendance, en toute immodestie, à considérer souvent comme l’une des meilleures du monde – a du chemin à réaliser.
Répondre
C
Les mots de riches, les mots de pauvres, Jean-Louis FournierLa couverture est tapageuse : « Comment on dit Rolex en pauvre ? » Déception, le livre ne fournit pas la réponse mais, par contre, un regard amusé sur ce que Bourdieu appelait « l’habitus ». Comment c’est chez Monsieur et Madame Riche ? Comment c’est chez Monsieur et Madame Pauvre ? Chez les uns, on mange fin, chez les autres, on mange beaucoup ; chez les uns on va au club de polo, chez les autres on regarde le foot à la télé. Mais ce n’est pas là que c’est le plus intéressant : les pauvres peuvent devenir riches et Monsieur et Madame Nouveau-Riche font tout leur possible pour y parvenir (y compris en détestant les pauvres !) mais, malheureusement, ils portent sur eux les stigmates de leurs origines… raté !  Le mauvais goût trahit tout.Ça se lit vite, c’est amusant et amusé, ça n’est pas sans rappeler Le goût des autres (le film de Jaoui et Bacri) et ça ne peut qu’évoquer le cours de sociologie de Première… MAIS ma belle-mère n’a pas aimé (« je me suis trop battue contre la pauvreté pour m’en amuser… » m’a-t-elle dit !).
Répondre
C
Acide sulfurique, Amélie NothombJ’ai relu ce livre que j’avais lu à sa sortie en me demandant si je n’allais pas le faire lire aux élèves de Première si j’avais l’option SES. Bon Amélie Nothomb, c’est controversé. Beaucoup ont lu et apprécié Stupeur et tremblements, La métaphysique des tubes et ensuite, la machine à écrire s’est emballée et l’auteure belge s’est mise à produire quasiment un ouvrage par an avec plus ou moins de réussite. Mais moi j’aime bien Amélie Nothomb : plume rapide et efficace, pas de rococo et ça se lit vite. Acide sulfurique… l’idée est loin d’être mauvaise et finalement, il n’est peut-être pas inutile d’y revenir. Quand le livre est paru, c’était à l’heure de la multiplication des Star Ac, Maillon faible et autre télés réalités fondées sur un principe abominable : l’élimination. S’il faut être abjecte, soyons le jusqu’au bout… et l’émission que propose l’auteure devient une vraie machine d’extermination.La fin est un peu décevante (à mon goût) mais l’idée du livre me semble particulièrement pertinente : nous faisons un spectacle d’un principe qui fondait l’idéologie nazie, à savoir éliminer les plus faibles.<br /> Lisez et après, vous regarderez, peut-être, votre télé autrement.
Répondre
C
Travaux, Georges NavelBeaucoup connaissent L’établi de Robert Linhardt, sociologue maoïste parti émanciper les masses dans la mouvance post-soixante-huitarde. Le pauvre sociologue ne s’en ressortira jamais, finissant aphasique à la suite de cette expérience mal vécue (le livre mérite vraiment néanmoins d’être lu !)Là c’est une autre histoire, pas celle d’un intello croyant qu’il pourrait libérer le prolétariat, mais d’un simple prolo qui deviendra, après la seconde guerre mondiale, écrivain et poète. Et ce sont ses carnets de route qu’il retranscrit dans ce livre, ses expériences aux champs, sur les chantiers, à l’usine. Le quotidien d’un ouvrier durant l’entre-deux-guerres : tout est peint, tout est à prendre, sans fausse note, ni gloriole, ni pathos. C’est simplement juste.Mais Navel va plus loin en faisant part de ses interrogations, tourments et introspections : premières amours, illusions, désillusions, joie, tristesse, neurasthénie, le livre traverse le temps et dépeint des sentiments qui ne prennent aucune ride. Quelle différence entre un jeune ouvrier au lendemain de la Grande guerre et un jeune lycéen aujourd’hui ? Le quotidien, la condition sociale et matérielle, certes, mais pour le reste… Et c’est là le grand talent de Navel, dans un Français des plus justes et bien écrits, on partage son expérience, on s’y retrouve et on la vit.Inutile de préciser, j’ai aimé ce livre d’un bout à l’autre et je vous le conseille vivement.
Répondre
C
Les tribulations d’une caissière, Anna SAMJe l’avoue, un collègue me l’avait conseillé mais… j’avais vu l’auteure à la télé et elle ne m’avait pas beaucoup inspiré. Etudiante, elle fait la caissière pour payer ses études, elle monte un blog pour raconter son quotidien et… une société d’édition la contacte ! Un conte de fée ! La pauvre petite étudiante fait des best-sellers et devient riche, passe à l’écran… c’est trop facile, trop rapide, trop commercial. Ça risque de ne pas être très bon.Je suis mauvaise langue, j’avoue. Mais la lecture du livre confirme mes craintes. L’écriture n’est pas soignée, trop de langage parlé, une construction bof… Elle s’adresse au lecteur avec des clichés (de supermarché !!!) : « vous croyez que les caissières sont toutes stupides… ben NAN ! »Et pourtant, en fond d’écran, des choses sont à prendre : le quotidien des caissières, l’infamie de certains clients, le traitement (mauvais, dans tous les sens du terme) des salariées, la flexibilité, les fausses promotions passagères et un passage particulièrement bien vu sur le travail des femmes.Ce n’est pas de la grande littérature mais c’est un livre qui ne fait pas de mal. A conseiller aux élèves qui ne veulent pas lire stupide mais qui ont du mal à s’accrocher à un bouquin. Ça se lit vite, on sourit souvent et ça rappelle que la vie n’est pas rose pour tous.
Répondre