Pourquoi j'ai pas mis la clim ?
On sait combien les slogans sont une nécessité économique dans la société post-moderne. Toujours pleins d’une profondeur exaltante, ils assurent une fonction informative des plus utiles. Ils constituent bien souvent, également, l’outil idéal d’une stratégie marketing efficace, entreprenante et réussie.
Ainsi avons nous eu « ça va, Patrick ? Oui ! avec St Yorre, ça va fort », « un Mars et ça repart » jusqu’au fameux « L’Oréal, parce que je le vaux bien ».
Au Charles – comme dit le jeune – avons nous, nous aussi, notre formule éclatante : « Lycée non fumeur ». Un peu partout peut-on lire sur les portes de notre « maison » ce doux slogan qui nous rappelle que demain, à Sarkoland, il faudra qu’on sache où on range nos affaires !
Bien entendu, n’étant moi-même pas fumeur, je ne vais pas me plaindre de cette sage décision dont l’efficacité économique porte à discuter mais la sagesse morale ne fait aucun doute... Je sais, d’aucun me chahutera de mon côté rigoriste.
Lors de la pré-rentrée, nous nous sommes pliés au jeu des réunions passionnantes dont les thèmes sont toujours d’une pertinence étonnante. Le groupe dans lequel j’ai effectué mon devoir d’agent de l’Etat travaillait, si mes souvenirs sont justes, sur « l’absentéisme ». Une synthèse fut courageusement présentée ensuite en assemblée pleinière au cours de laquelle, 10% d’entre nous écoutaient, 40% regardaient leur montre et 50% se racontaient leurs vacances. On utilisa encre, papier, ordinateurs et photocopieuses pour rédiger un compte rendu glissé dans chacun de nos casiers, compte rendu sur lequel je n’ai pas porté le moindre regard. Honte sur moi ! (Je sais d’emblée que quelques uns d’entre vous se trouveront, du coup, déculpabilisés de ne pas avoir été les seuls à ne pas lire ce document dans son moindre détail et dormiront certainement beaucoup mieux ce soir…)
Ah ! qu’elle est belle la technique. Elle résoud en un bip ce que d’autres ne résoudraient pas dans une existence entière.