Mieux vaut prévenir que guérir
Photo (sans trucage) parue dans Marianne de cette semaine d'un indonésien touché par un virus dermatologique et par une anomalie génétique empêchant l'organisme de combattre l'infection.Réflexion de mon épouse : "il aurait dû se faire soigner avant d'en arriver là !".
J'en profite donc pour répondre à Séverine qui demande dans un commentaire pourquoi les entreprises locales sont rachetées par des fonds de pension alors que les racheteurs ne manquent pas.
Alors voici les réponses envisageables :
- celle du film : les entrepreneurs sous tension se voient proposer de véritables fortunes par des zinzins (investisseurs institutionnels) pour acheter des PME attrayantes parce qu'elles ont gagné beaucoup d'argent. Difficile pour ces entrepreneurs de dire non.
- celle de Y. Bontaz : les entrepreneurs sont découragés par des impôts énormes, les taxes, les formalités administratives... (et les syndicats !) et donc, il n'y a plus de jeunes pour racheter les boîtes... Alors ils vendent.
- autre hypothèse : le modèle du décolletage est celui de la PME. Je mettrai en ligne dans quelques jours un panorama assez exhaustif de l'industrie locale mais globalement, on peut déjà dire que le modèle dominant dans la région est davantage celui de l'entreprise de moins de 50 salariés que celui de l'entreprise déjà plus grosse de 100 ou 200 salariés (comme Bontaz). Or ces petites entreprises font face à de nombreuses mutations économiques très rapides auxquelles elles n'étaient pas forcément préparées : la concurrence internationale (notamment celle des PECO et de l'Asie), le besoin croissant de réactivité, la fin du quasi-monopole régional dans le domaine du décolletage, etc.. Ces mutations demandent des transformations dans l'organisation, dans l'outil de production, dans les modes de coopérations inter-entreprises, dans les investissements, ce que certaines entreprises n'ont pas forcément su anticiper (à l'inverse, on peut penser que Y. Bontaz a été assez clairvoyant là-dessus). Du coup certains entrepreneurs sont un peu dépassés par les événements et la vente de leur société à un zinzin est révélateur de ce défaut d'anticipation et d'adaptation. Comme on n'a pas su prévenir, on soigne par des moyens radicaux et douloureux !
Il serait bien entendu intéressant d'avoir le point de vue des intervenants sur ce sujet... alors qu'ils n'hésitent pas !
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