Nicolas, Karla et Gary
Franchement, qu’est-ce qu’il fout avec elle ? ou plutôt qu'est-ce qu'elle fout avec lui ? Bon d’accord, c’est le Président, mais il est moins riche que n’importe quel PDG d’une société du CAC40, quand il court, l’herbe lui chatouille les aisselles, et sincèrement, c’est pas Robert Redford, Brad Pitt ou George Clooney ! Alors comment expliquer cette union étrange ?Alors plutôt que passer trois heures à vous interroger sur les déboires amoureux du premier homme de France, lisez plutôt cet article sur le quotidien des SDF… On y parle aussi de sexualité mais des moches et des pauvres, comme dirait Becker.
NON ! La théorie des jeux n’a rien à voir là-dedans ! C’est beaucoup plus simple ! Voilà la vérité vraie. Tout cela est né d’une réunion de Sarkozy avec ses conseillers. Grâce à des informateurs (très bien informés), j'ai eu vent de ce qui c’était dit. Je vous l’offre en scoop :
« Nicolas : je veux qu'on parle de moi, de moi, de moi et de moi, je veux être LE scoop, je veux être LA une de TOUTE la presse !
- Conseiller 1 : Certes sa Petitissime Altesse, d'autant qu'avec leurs conneries d’enfants de Don quichotte et de pouvoir d'achat, ils vous volent la vedette !
- Nicolas : On pourrait pas vendre 10-15000 actions EDF pour racheter deux trois titres de presse ? Regardez Berlu en Italie, il lui a suffit de mettre les médias à sa botte !
- Conseiller 2 : Je rappelle à sa Présidence qu'il est de droite et nationaliser la presse, ça ne le fait pas... c'est pas dans l'ère du temps !
- Nicolas : Merde alors ! Vous avez fait sciences po, l'ENA, vous étiez au club Challenge de Henri IV, la République vous paie une petite fortune, prend tous vos frais à sa charge, et vous n'êtes pas foutus de faire en sorte qu'on ne parle que de MOI !
- Conseiller 1 : J'ai bien une solution, mais va falloir faire des sacrifices...
- Nicolas : Ah non ! pas lui ! il m'a déjà valu cinq années de placard ! (Nicolas commence à taper du pied, à rougir, des souvenirs douloureux lui embrasent le ventre...)
- Conseiller 1 : Mais non, il ne s'agit pas de ça, sa Petitissime Altesse. Comme disait ma grand-mère (on ne fera jamais mieux que le bon sens paysan), y’a que trois choses qui intéressent le peuple : le fric, le sexe, et la drogue…
- Nicolas : Bon... écoutez, la cuite avec Poutine, je vais pas refaire ce coup là. Ça m’a déjà valu un billet sur le blog de Bouba Olga… alors vos sacrifices à la con, je veux bien mais tout de même !…
- Conseiller 2 : Voyons, sa Présidence, vous nous avez habitués à des idées plus lumineuses : il faut vous trouver une poule !
- Nicolas : Une poule ?
- Conseiller 1 : Ouais, une nana, une belette, un canon, genre mannequin qui est politiquement insituable, genre fille rebelle, qui traîne dans les milieux un peu bobos…
- Nicolas : Oh non, pas encore une femme ! ça va me retomber dessus ! Déjà qu’avec votre idée de montrer ma grosse Rollex à Ségolène, ça a failli me coûter cher. Puis moi, avec cette vie tout feu tout flamme, entre les rendez-vous, les avions, les angles de Rama et des autres à arrondir, le soir, ch’uis crevé ! Si je veux faire mon jogging le matin, faut que je me couche tôt !
- Conseiller 2 : Diantre, sa Présidence ! Vous voulez qu’on parle de vous ou non ? On vous demande pas des choses excessives, juste susciter l’imagination, le fantasme, l’envie…mieux, la jalousie !
- Nicolas : Bon alors, c’est quoi cette idée au juste ?…
- Conseiller 1 : Juste deux trois photos de vous avec un canon sur un lieu de vacances romantique, histoire de faire planer le doute…
- Nicolas : Des vacances ? Encore un avion ? C’est non !
- Conseiller 1 : Ecoutez, sa Petissime Altesse, pas de capric…
- Nicolas : Non ! Non ! Et non ! Pas d’avion, de décalage horaire… Et qui c’est cette gourde ?
- Conseiller 3 (qu’on avait pas encore entendu) : C’est une ancienne top model. Elle approche la quarantaine, pas trop jeune donc, elle a fait un dernier disque qu’a pas trop bien marché, elle passe sur France Culture et NRJ !… C’est dire si elle brasse large : elle fait fantasmer le prolo, elle intrigue les classes moyennes, elle fait vibrer les classes sup… elle plaît même aux profs ! Pour la gauche, c’est la fille rebelle qui envoie péter ses origines sociales ; pour la droite, c’est la bru idéale… et pour la jeunesse elle incarne fric, sexe et drogue à elle seule !
- Nicolas : Et les vieux ? Vous y avez pensé aux vieux ?
- Conseiller 3 : Bien entendu, les vieux, c’est le fond de caisse de l’électorat ! Dans toutes les maisons de repos, dans tous les services gériatriques, on leur passe ses morceaux en boucle pour les aider à dormir…
- Nicolas : Et les gosses, vous y avez pensé aux pré pubères qui n’ont pas encore l’âge de fantasmer ?
- Conseiller 3 : Merde, on n’y avait pas pensé…(et l’enfant d’aujourd’hui c’est l’électeur de demain, pense-t-il à voix basse… faut que je trouve une solution, faut que je…) Ça y est ! Un week end à Euro Disney !
- Conseiller 1 : Ben voilà, ça évite à sa Petitissime Altesse l’avion, les décalages horaires, et ça fait treaper les gosses ! Génial !
- Nicolas : Bah…
- Conseiller 2 : Y’a pas de bah !… Vous avez bien trouvé du temps pour Khadafi, on peut bien en trouver un peu pour deux heures à Disney land ! Pensez qu’au bras de cette bombe, sa Présidence va faire des envieux !… et de l’audimat !
- Conseiller 1 : Avec elle, c’est sexe, fric et drogue assurés. Trois jours après, toute la presse ne parlera que de ça. Ça va niquer les Don Quichotte, les enquêtes de Crédoc et le pouvoir d’achat des fonctionnaires !
- Conseiller 3 : Oui et je vous rappelle que votre popularité est à la baisse. Un petit patin dans le Grand 8 et c’est tout de suite 10 points de plus dans les sondages !!! »
Les trois conseillers quittèrent la pièce, satisfaits de leur trouvaille. On raconte que Nicolas se retrouva seul, la tête entre les mains : « qu’est-ce qu’ils me font pas faire », songea-t-il… Puis, s’asseyant dans son fauteuil Napoléon, face à la fenêtre offrant une vue magnifique sur le soleil couchant, Nicolas lèva la tête. Un sourire flamboyant lui envahit le visage. Il porta la main sur son cœur et s’écria, l’âme pleine d’une immense ferveur : « j’y arriverai ! j’y arriverai ! »