Faut-il obliger les chômeurs à travailler ?

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L'impossibilité pour les chômeurs de refuser plus de deux emplois est une idée qui avait été évoquée par P. Cahuc et André Zylberberg qui développent longuement cette question dans un chapitre de leur ouvrage que je vous ai x fois conseillé. Néanmoins, la façon dont leur proposition a été reprise tronque totalement la question de l'accompagnement que les auteurs avaient également largement développée. Pour preuve ces propos tenus sur le forum du journal Le Monde par P. Cahuc :

ola :  Est-ce efficace de sanctionner les chômeurs s'ils refusent un travail sous certaines conditions, comme les négociations actuelles l'envisagent ? Qu'attendre de cette mesure sur le niveau du chômage ?  

Pierre Cahuc :  Tout cela est un problème d'équilibre du système. Sanctionner les demandeurs d'emploi qui refusent une offre d'emploi en l'absence d'un accompagnement intensif ne peut avoir d'effet significatif.  

Pour plusieurs raisons. En l'absence d'accompagnement intensif, peu d'offres d'emplois sont transmises aux demandeurs d'emploi. Tel est le cas aujourd'hui en France. Deuxièmement, il est toujours possible d'aller à un entretien d'embauche et de ne pas se faire embaucher. Donc l'efficacité de ces sanctions sera nécessairement très faible si l'accompagnement des demandeurs d'emploi reste en l'état.  

En revanche, s'il y a un accompagnement intensif, où le demandeur d'emploi est très fréquemment en contact avec son conseiller, qui le connaît et qui lui fait fréquemment des propositions, alors ce type de sanction peut avoir des effets.  

On ne peut néanmoins en attendre un impact très important. Il peut être relativement élevé pour les personnes les plus qualifiées, puisque, en France, l'allocation-chômage est plafonnée à 5 300 euros.  

Et l'on observe que les taux de retour à l'emploi des chômeurs qui perçoivent des allocations élevées sont sensibles au niveau de l'allocation, et donc à la perte éventuelle des allocations en cas de refus d'offres d'emploi.  

En revanche, pour les demandeurs d'emploi les moins qualifiés, aujourd'hui, ce qui fait problème, c'est la rareté des offres. Ces sanctions ne pourront donc avoir qu'un effet marginal.  

Pour conclure, un système avec des droits et des devoirs clairement définis est sans doute préférable à un système avec un accompagnement insuffisant et en contrepartie des devoirs qui ne sont pas appliqués. Le danger de cette mesure, qui vise à passer dans le premier système, est qu'elle peut introduire des devoirs sans donner des droits en contrepartie. 


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Publié dans chgobbe

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F
J'accompagne tous les jours des personnes qui ont été licenciés. Le chomeur qui ne cherche pas de travail est un mythe savamment entretenu par nos gouverants depuis toujours, comme le rmiste qui fraude etc..Moi je pense (les stat me donnent raisons) que oui il y des personnes qui abusent (comme partout depuis toujours) mais que c'est la marge..Mais il est difficile d'expliquer que c'est vraiment compliqué de trouver un emploi et que peut être aussi il n'y pas de travail pour tout le monde aujourd'hui..Alors il est facile de stigmatiser la marge en faisant croire que ce n'est pas la marge mais la majorité..Florence
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