Bac blanc 02 (2)
Type de sujet : On pouvait dire « dans quelle mesure » => sujet de type discussion avec un plan thèse/antithèse/(synthèse)
Cadre spatiotemporel : pas d’indications : on privilégie la France depuis 25-30. On pouvait (et devait) parler du taylorisme et fordisme puisque certains documents y faisaient référence.
Les notions clés du sujet : la division du travail. Une définition simple du type « c’est le fait qu’on décompose le processus de production en étape successives et que chaque étape soit attribuée à différentes personnes ou différentes unités de production plutôt qu’une seule et même personne exécute toutes les tâches ». La productivité : c’est l’efficacité des facteurs de production
Les notions du programme qui sont attendues : division du travail, taylorisme, fordisme, toyotisme. Néanmoins l’un des documents, le 5, vous rappelaient quels étaient les sources de la croissance. C’est un aspect qu’il fallait développer.
Pensez également à mobiliser tout votre vocabulaire : innovation de procédé, innovation organisationnelle, gains de productivité etc. Plus vous utiliserez le vocabulaire de la matière, plus le correcteur appréciera !
La démarche demandée est « téléphonée » : « La division du travail est-elle suffisante pour augmenter la productivité ? ». Si on a bien appris son cours, on se doute qu’elle n’est pas suffisante d’où la mise en œuvre de nouvelles formes d’organisations du travail. Néanmoins, elle est nécessaire : pour preuve, mais dans les nouvelles formes d’organisation du travail, la division du travail persiste..
Donc le plan le plus simple qui s’imposait était I. Si la division du travail est nécessaire à la hausse de la productivité, elle n’est néanmoins pas suffisante.
| Doc | Idées essentielles | Eléments à citer | Partie du devoir |
| 1 | | | |
| 2 … | | | |
Très souvent, on vous explique qu’il faut vous contenter d’un plan en deux parties parce que 3 parties c’est trop risqué. Donc je vous propose deux plans :
- cette division du travail est fondée sur la spécialisation qui permet d’augmenter l’habileté
- elle s’accompagne du convoyeur qui permet d’augmenter les cadences
- elle s’accompagne d’un système rationnel dot le seul but est d’accroître l’efficacité globale du système
- Le doc. 1 montre que les Trente glorieuses qui a été la période phare de l’organisation tayloro-fordiste a été également la période où la croissance a été la plus forte.
B/ Ces gains de productivité ont été également permis par une organisation globale de l’économie centrée autour de la division du travail : c’est ce qu’on a appelé la régulation fordiste
- les principes de Ford permettaient des gains de productivité
- ils étaient distribués sous forme de salaires et de profits permettant une hausse de la consommation et de l’investissement
- par ailleurs ils permettaient une hausse des recettes fiscales permettant une amélioration sensible du capital humain
- tous ces éléments ont donc été source à leur tour de gains de productivité et leur origine étaient bien d’autres gains de productivité permis par la division du travail. C’est ce que Robert Boyer appelle le « cercle vertueux de la croissance fordiste ».
C/ Aujourd’hui l’économie s’est très largement transformée (tertiarisation, NFOT). Ces transformations ne signifient pas pour autant la disparition de la division du travail
- la division et la rationalisation du travail est appliquée dans les services afin d’augmenter la productivité (document 3)
- les NFOT n’ont pas rompu avec la division du travail : dans les usines Toyota, certaines phases de production sont effectuées à la chaîne, de façon standardisée, même si on applique la rotation des postes (Doc.7)
- enfin, les NFOT sont de plus en plus complexe et associent souvent des formes d’organisation du travail flexibles et des étapes standardisées dans le processus de production. Ainsi, les entreprises mettent en œuvre une DIPP (qui constitue déjà en elle-même une division du travail) au sein de laquelle certaines étapes de fabrication des produits sont stadardisées. (Doc. 4)
Tout cela montre que la division du travail semble encore nécessaire aujourd’hui pour réaliser des gains de productivité. Néanmoins, est-elle suffisanteII/ Diviser le travail ne suffit pas : la division du travail à elle seule ne permet pas à elle seule d’accroître la productivité
A/ Une remise en cause de la division du travail par les salariés (document 2)
- on date souvent la crise des années 70 du choc pétrolier de 1973. En réalité, dès la fin des années 60, la division du travail tayloro-fordiste est remise en cause par les salariés : turn over, grèves, conflits, sabotages, autant de remises en cause du travail stadardisé et répétitif qui rognent les gains de productivité
- inspirés par l’école des relations humaines, les nouvelles formes d’organisation du travail se sont attachées à « recomposer le travail » (pour reprendre l’expression de G. Friedmann) et prendre davantage en compte le facteur humain dans l’organisation du travail.
B/ Les limites économiques de la division du travail : elle n’est plus adaptée à une demande « versatile et diversifiée » (document 6)
- Progressivement, c’est la logique du flux tendu qui s’impose, c'est-à-dire qu’on ne produit plus en grande série, en masse, mais en fonction des variations de la demande
- Comme cette demande est plus versatile, il faut que la production puisse s’adapter, répondre à ces changements
- Les formes traditionnelles d’organisation du travail ont été dans un premier temps totalement dépassées par ces transformations, et la logique de production de masse a donné lieu à des stockages énormes, qui constituaient un gaspillage énorme, augmentant considérablement les coûts de production des entreprises. L’effet essentiel des gains de productivité est la baisse des coûts unitaires ; ces gains de productivité sont alors effacés par la hausse des coûts liés aux stocks et aux invendus.
C/ Enfin la division du travail n’est pas la seule façon de faire des gains de productivité : ce qui a permis depuis la révolution industrielle d’augmenter la productivité, c’est aussi le progrès technique, l’amélioration du capital humain, le développement des infrastructures (doc. 5)
- rien n’indique que la division du travail à elle seule permette d’accroître la productivité : c’est aussi parce que la main d’œuvre est mieux formée, que les techniques s’améliorent que la division du travail permet d’augmenter la productivité. Par exemple, c’est bien grâce au développement des infrastructures que la DIPP a pu se mettre en place
- on assiste finalement à une opposition entre deux modèles : un modèle reposant sur une logique de coût (permis par la division du travail) et un modèle reposant sur une logique de qualité (qui s’appuie sur d’autres facteurs, le savoir, le progrès technique, etc.) Rien n’indique que le premier est nécessairement plus efficace que le second. Pour preuve, en Chine, « l’atelier du monde », on commence déjà à connaître les mêmes méfaits des formes traditionnelles de l’organisation du travail : malfaçons, retours, retards, défauts au point où certaines entreprises se relocalisent dans les PDEM où la main d’œuvre est plus formée et plus polyvalente.
- cette division du travail est fondée sur la spécialisation qui permet d’augmenter l’habileté
- elle s’accompagne du convoyeur qui permet d’augmenter les cadences
- elle s’accompagne d’un système rationnel dot le seul but est d’accroître l’efficacité globale du système
- Le doc. 1 montre que les Trente glorieuses qui a été la période phare de l’organisation tayloro-fordiste a été également la période où la croissance a été la plus forte.
B/ Ces gains de productivité ont été également permis par une organisation globale de l’économie centrée autour de la division du travail : c’est ce qu’on a appelé la régulation fordiste
- les principes de Ford permettaient des gains de productivité
- ils étaient distribués sous forme de salaires et de profits permettant une hausse de la consommation et de l’investissement
- par ailleurs ils permettaient une hausse des recettes fiscales permettant une amélioration sensible du capital humain
- tous ces éléments ont donc été source à leur tour de gains de productivité et leur origine étaient bien d’autres gains de productivité permis par la division du travail. C’est ce que Robert Boyer appelle le « cercle vertueux de la croissance fordiste ».
Tout cela montre que la division du travail semble encore nécessaire aujourd’hui pour réaliser des gains de productivité. Néanmoins, est-elle suffisante ?
II/ Diviser le travail ne suffit pas : la division du travail à elle seule ne permet pas à elle seule d’accroître la productivité
A/ Une remise en cause de la division du travail par les salariés (document 2)
- on date souvent la crise des années 70 du choc pétrolier de 1973. En réalité, dès la fin des années 60, la division du travail tayloro-fordiste est remise en cause par les salariés : turn over, grèves, conflits, sabotages, autant de remises en cause du travail stadardisé et répétitif qui rognent les gains de productivité
- inspirés par l’école des relations humaines, les nouvelles formes d’organisation du travail se sont attachées à « recomposer le travail » (pour reprendre l’expression de G. Friedmann) et prendre davantage en compte le facteur humain dans l’organisation du travail.
B/ Les limites économiques de la division du travail : elle ne semble plus adaptée à une demande « versatile et diversifiée » (document 6) et aux transformations de l’économie
- Progressivement, c’est la logique du flux tendu qui s’impose, c'est-à-dire qu’on ne produit plus en grande série, en masse, mais en fonction des variations de la demande
- Les formes traditionnelles d’organisation du travail ont été dans un premier temps totalement dépassées par ces transformations, et la logique de production de masse a donné lieu à des stockages énormes, qui constituaient un gaspillage énorme, augmentant considérablement les coûts de production des entreprises. L’effet essentiel des gains de productivité est la baisse des coûts unitaires ; ces gains de productivité sont alors effacés par la hausse des coûts liés aux stocks et aux invendus.
- On est dans une économie « post-industrielle » du savoir et de la connaissance où les autres facteurs de la croissance (doc. 5) jouent un rôle essentiel sur la productivité
Tout porte donc à croire que la division du travail a vécu et que de nouvelles formes de production se sont substituées au tayloro-fordisme. En réalité les transformations économiques récentes montrent que les même les NFOT ont besoin de la division du travail.
A/ Aujourd’hui l’économie s’est très largement transformée (tertiarisation, NFOT). Ces transformations ne signifient pas pour autant la disparition de la division du travail
- les NFOT n’ont pas rompu avec la division du travail : dans les usines Toyota, certaines phases de production sont effectuées à la chaîne, de façon standardisée, même si on applique la rotation des postes (Doc.7)
- enfin, les NFOT sont de plus en plus complexe et associent souvent des formes d’organisation du travail flexibles et des étapes standardisées dans le processus de production. Ainsi, les entreprises mettent en œuvre une DIPP (qui constitue déjà en elle-même une division du travail) au sein de laquelle certaines étapes de fabrication des produits sont stadardisées. (Doc. 4)
B/ L’émergence d’une société de services ne remet pas en cause fondamentalement ce phénomène
- la division et la rationalisation du travail est appliquée dans les services afin d’augmenter la productivité (document 3) : système Mc Do
- l’émergence des NTIC conduit au même phénomène : développement de services télématiques hyperpacellisés, avec des tâches répétitives et des ordinateurs qui ont remplacé le chronomètre (document 7)
- les services sont très souvent une étape de la DIPP qui est une forme élaborée de division du travail : avant c’était le bureau des méthodes qui concevait le produit et le processus de production ; à présent c’est un bureau d’étude (parfois indépendant) qui conçoit le produit qui se vendra à un endroit et sera produit à un autre.
Conclusion : Tant que nous sommes dans des économies fondées sur la productivité et la croissance, on ne sait pas réellement faire autrement que par la division du travail. Certes les formes taditionnelles ont largement montré leurs limites, mais plus qu’à une disparition du taylorisme, on a assisté depuis ces 30 dernières années à une transformation du taylorisme et à son intégration complète dans les nouvelles formes d’organisation du travail. On assiste finalement à un processus de production segmenté, dont une partie est qualifiée et recomposée, et une autre partie est peu qualifiée et s’effectue très souvent dans une logique taylorienne. A cette segmentation s’en superpose une autre, celle de l’emploi, avec ceux qui ont un emploi protégé et ceux qui sont dans la précarité. Selon Robert Castel (Les métamorphoses de la question sociale), le modèle taylorien a conduit à l’émergence d’un modèle salarial relativement unifié ; le modèle post-taylorien, qui ne s’est pas accompagné d’une disparition de la division du travail qui reste indisensable, a conduit à une segmentation de la société et à une fragilisation d’une part croissante du salariat qui, grâce au taylorisme, se croyait protégée de la pauvreté et de la précarité.